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Partage de photos: parler des dangers avec votre ado

Partage de photos: parler des dangers avec votre ado

La majorité des ados partagent des photos et des vidéos d’eux avec leurs proches ou sur les réseaux sociaux sans trop réfléchir aux conséquences. Or, la diffusion d’images sur Internet est loin d’être anodine. Ce sujet doit faire partie des conversations que vous avez régulièrement avec votre enfant.

Ils sont nombreux, les jeunes, à partager des images intimes ou compromettantes, parfois pour plaire, mais aussi parce qu’Internet donne une fausse impression d’anonymat et d’intimité. Rappelons-nous aussi qu’il est dans la nature des ados de prendre des risques sans en comprendre toutes les conséquences.

Sur Internet un jour, sur Internet toujours…

«C’est facile de l’oublier, mais tout ce qui se retrouve sur Internet peut y rester à jamais. Même lorsqu’on réussit à obtenir leur suppression en ligne, les images peuvent subsister sur des appareils électroniques d’autres personnes et refaire surface plus tard», prévient René Morin, porte-parole francophone du Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE).

Même les photos transmises à une personne en privé par texto ou par le biais d’un service de messagerie en ligne peuvent être utilisées contre nous un jour, que ce soit par la personne qui les a reçues ou une personne qui a réussi à se les procurer. Les risques auxquels on s’expose alors sont la diffusion de nos images intimes sans notre accord, la cyberintimidation et la sextorsion (lorsqu’un individu en possession d’une image sexuellement explicite d’une personne la menace de la diffuser si elle ne lui envoie pas de l’argent, d’autres images ou des faveurs sexuelles). Ces phénomènes sont plus courants qu’on ne le pense: chaque semaine, le CCPE reçoit en moyenne 70 signalements de sextorsion de la part du public.

Partage d’images: 3 pistes pour en discuter avec son ado

  1. Sensibilisez votre enfant. «Parlez de sécurité en ligne avec votre jeune de façon pragmatique, comme si vous parliez de sécurité routière», suggère le porte-parole du CCPE. Expliquez qu’Internet est un lieu public où il est possible de rencontrer toutes sortes de gens, certains pouvant être mal intentionnés. Puis insistez sur le fait qu’on perd le contrôle sur nos images dès qu’on les met en ligne. «Envoyer une image intime de soi équivaut à renoncer à cette image à jamais», souligne René Morin. Même si l’on envoie la photo à un ami ou à une amie, à un amoureux ou à une amoureuse, on ne peut jamais être certain que cette personne ne nous trahira pas un jour. Et quelle assurance a-t-on que la photo ou la vidéo ne sera pas envoyée à quelqu’un qui l’enverra à quelqu’un d’autre?
  2. Intéressez-vous à la vie en ligne de votre enfant. Vous discutez sûrement régulièrement avec votre jeune de ce qu’il ou elle a fait dans la journée, à l’école ou lors de ses sorties avec ses amis. Mais posez-vous autant de questions sur sa vie en ligne, sachant qu’elle est tout aussi importante? «Plusieurs parents n’ont aucune idée de ce que leur enfant fait sur Internet», déplore René Morin. Pour en savoir plus, demandez-lui quelles plateformes il ou elle utilise, qui sont ses «amis» et «amies» sur les réseaux sociaux, puis avec qui il ou elle communique sur les plateformes de clavardage et de conversations vidéo.
  3. Utilisez les nouvelles dans les médias. Les cas de sextorsion impliquant des jeunes font les manchettes régulièrement. Servez-vous d’une nouvelle récente afin d’aborder les dangers de partager des images intimes en ligne. «Utiliser une vraie histoire qui est en dehors de la vie de l’ado pour engager la conversation fera en sorte qu’il ou elle ne se sentira pas attaqué ou sous les projecteurs », propose René Morin. Après avoir discuté de la nouvelle, demandez-lui si cette situation s’est déjà produite à son école, s’il ou elle connaît quelqu’un qui a vécu quelque chose de similaire et ce qu’il ou elle ferait si ça lui arrivait personnellement.

Créer un climat de confiance

La plupart des enfants qui font un signalement à Cyberaide.ca n’en ont pas parlé à leurs parents ni à un adulte de confiance. «Ils ont honte de ce qui s’est passé, de s’être fait prendre au piège. Mais ils hésitent aussi à en parler à leurs parents parce qu’ils ont peur de se faire chicaner ou de recevoir une conséquence comme de voir leur cellulaire confisqué. Ça les empêche d’en parler et d’aller chercher l’aide dont ils ont besoin», commente René Morin.

C’est donc important d’établir un climat de confiance entre votre enfant et vous. «Le parent doit trouver le moyen de créer une relation qui fera en sorte que le jeune aura le réflexe de se tourner vers lui ou elle pour demander de l’aide au besoin», conseille finalement René Morin.

Quelques ressources en cas de problèmes:

  • AidezMoiSVP.ca: Site Web destiné aux jeunes qui ont des ennuis à cause d’une photo ou d’une vidéo à caractère sexuel qui circule en ligne. Le site offre aussi des ressources aux amis et amies ainsi qu’aux parents d’un jeune qui se retrouve dans cette situation.
  • ParentsCyberAvertis.ca: Site Web administré par le Centre canadien de protection de l’enfance dans le but d’aider les parents à protéger leurs enfants sur Internet et à réduire les risques de cyberviolence à leur endroit.
  • Cyberaide.ca: Centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation et d’abus sexuels d’enfants sur Internet. Les parents peuvent s’abonner aux alertes de cyberaide.ca pour rester informés des nouveaux dangers qui guettent les jeunes dans l’espace numérique et ainsi mieux protéger la vie en ligne de leur famille.

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