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De l’aide est disponible si gamer devient un problème

De l'aide est disponible si gamer devient un problème

Selon une récente étude de NETendances, 70 % des jeunes âgés de 13 à 17 ans jouent à des jeux vidéo. Cette pratique permet à la plupart de se divertir et de socialiser. Or, certains ados qui y consacrent un grand nombre d’heures peuvent finir par vivre des difficultés à l’école ainsi que dans leurs relations ou par développer des problèmes de santé mentale ou physique. Heureusement que des ressources sont mises sur pied pour leur venir en aide… Les connaissez-vous?

Depuis juin 2018, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaît le trouble du jeu vidéo, qu’elle définit comme «une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit des répercussions dommageables». Au Québec, des centres de traitement, tel Le Grand Chemin, accueillent les adolescents qui ont besoin d’aide pour reprendre le contrôle sur le jeu. Puis, des organismes, tels que L’ABRIS du gameur et la Fondation des Gardiens virtuels, se sont donné comme mandat de rejoindre les joueurs qui peuvent être en détresse, et ce, pendant qu’ils jouent et qu’ils sont en ligne.

C’est pour en apprendre davantage à ce sujet que PAUSE a échangé avec l’initiateur de la Fondation des Gardiens Virtuels, François «Leonin» Savard.

François «Leonin» Savard

Initiateur de la Fondation des Gardiens Virtuels

  • D’où vient l’idée de mettre sur pied la Fondation des Gardiens virtuels?

    Actif depuis plus de 20 ans dans les communautés de jeux vidéo, j’ai malheureusement côtoyé plusieurs gamers qui se sont suicidés. Les organismes d’aide peinent à les rejoindre parce que ce sont généralement des jeunes qui installent des bloqueurs de publicités sur leur ordinateur et qui n’écoutent ni la télévision ni la radio. En 2016, j’ai donc décidé de rédiger le guide Contribuer à la prévention du suicide dans les communautés en ligne, en partenariat avec l’AQPS [Association québécoise de prévention du suicide]. Cela m’a fait réaliser que le problème est plus complexe. J’ai donc mis sur pied la Fondation des Gardiens virtuels en 2018.

  • Comment intervenez-vous auprès des joueurs?

    En mars 2020, on a lancé Gamers en quarantaine sur la plateforme numérique Discord. C’était une sorte de maison des jeunes en ligne avec des activités offertes tous les jours, autant des tournois, des formations sur comment s’améliorer à tel jeu vidéo, des ateliers sur la cyberdépendance, des panels sur divers sujets tels que la place des filles dans les jeux vidéo, que des séances de génie en herbe ou des cours de yoga. Voyant le succès de ce serveur et les besoins dans le milieu, nous avons décidé de créer, en août 2020, un serveur permanent sur Discord.

    Nos intervenants bénévoles possèdent des qualifications dans le domaine de la santé, de l’éducation ou du sport électronique, et ce sont tous des gamers. Certains interviennent sur Discord, d’autres font du live streaming sur diverses plateformes en ligne, comme Twitch. D’autres encore viennent en aide aux parents qui nous contactent via notre page Facebook ou notre site Web pour nous demander comment encadrer leur jeune qui joue beaucoup aux jeux vidéo et l’aider à retrouver un équilibre.

    Nous pouvons également compter sur une équipe de sentinelles numériques, qui sont proactives sur les différents réseaux sociaux, chaînes YouTube et communautés dédiés aux jeux vidéo. Leur travail est de repérer les personnes en détresse et de parler avec elles, mais aussi de les diriger vers les ressources d’aide selon leurs besoins et leur région. C’est comme un travail de rue, mais en ligne. Au lieu de se promener dans les parcs, elles se promènent dans les forums.

  • Quel est le profil des jeunes qui vous contactent?

    Même si ce sont surtout des gamers, le profil des jeunes est extrêmement varié: on rencontre du plus introverti au plus extraverti, du plus sédentaire au plus sportif. Cela dit, il y a deux principales catégories de jeunes qui demandent de l’aide. Il y a ceux qui sont intéressés par la compétition de jeux vidéo et auprès de qui nous menons un important travail d’éducation. Nous voulons leur faire comprendre que, pour devenir un meilleur gamer, la clé n’est pas de jouer le plus possible, mais d’avoir une hygiène de vie la plus saine possible en dormant et en mangeant bien, puis en faisant de l’exercice. Il y a aussi des jeunes qui demandent de l’aide parce qu’ils ont des problèmes personnels, familiaux, sociaux ou scolaires et qui utilisent les jeux vidéo comme échappatoire. Avec eux, nous effectuons surtout de l’orientation vers les ressources d’aide appropriées.

  • Si tu avais un seul conseil à donner aux parents d’ados gamers, quel serait-il?

    De prendre le temps de s’asseoir pour parler de jeux vidéo avec leur enfant. S’il jouait au hockey, ses parents iraient probablement le reconduire à ses pratiques et assisteraient à ses matchs. Alors, pourquoi ne pas faire la même chose avec les jeux vidéo? Le parent n’est pas obligé de jouer avec son jeune, mais il peut lui poser des questions sur le nom et le but de son jeu préféré, sur ce qu’il aime dans son jeu. L’idée est de s’intéresser de façon sincère aux jeux qui le passionnent. Généralement, les jeunes aiment parler de leur passion, peu importe ce que c’est. Et c’est en discutant avec son enfant que l’on rebâtit des liens avec lui. Puis, dans les cas où le jeune joue trop, c’est plus facile d’imposer des limites lorsqu’on connaît le jeu et son fonctionnement. On réussit par exemple à voir en un clin d’œil combien de temps il reste à sa partie.

    En somme, si le comportement de votre ado en lien avec les jeux vidéo ou sa consommation numérique vous inquiète, n’hésitez pas à en parler avec lui ou à contacter l’un des organismes d’aide cités ci-dessus.

Crédit photographique: Priyam Raj Unsplash

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