Hyperconnectivité

Nous vivons dans un monde hyperconnecté, où les écrans de toutes formes font partie intégrante de notre quotidien. Avec cette nouvelle réalité « branchée », nous risquons davantage d’avoir une utilisation problématique d’Internet. Faisons le point en chiffres et en faits.

Toujours plus connectés…

Autour de nous, tout semble nous pousser à la connectivité, que ce soit le téléphone intelligent, qui nous permet d’être branchés partout et en continu, l’accès élargi au wifi ou les innombrables applications et plateformes conçues pour capter notre attention.

Pourquoi? L’hyperconnectivité n’est pas le fruit du hasard. Les progrès technologiques ont permis de développer des appareils plus performants et accessibles. Internet est graduellement devenu un outil de travail et d’information incontournable pour nombre d’entre nous. C’est aussi un outil qui répond aux besoins et aux désirs des individus, comme de socialiser en tout temps et d’avoir un accès quasi illimité à du divertissement.

Résultat? Nous utilisons nos écrans allègrement et souvent par réflexe, autant à la maison, à l’école, au travail… que dans les loisirs! En fait, Internet est si pratique que nous lui avons laissé prendre une place importante dans nos vies, même trop importante parfois. Et il est là le risque…

Pas convaincu? Voici quelques chiffres…

Pour les enfants et les ados…

  • Au Canada, 42 % des enfants de moins de 9 ans, 55 % des jeunes de 10 à 13 ans et 77 % des ados de plus de 14 ans possèdent leur propre téléphone intelligent avec une connexion Internet.
  • Parmi les Québécois de 12 à 24 ans, 1 jeune sur 5 passe 35 heures ou plus par semaine devant les écrans, pour se divertir seulement.
  • Au Québec, on estime que près de 18 % des jeunes du secondaire seraient à risque de développer une utilisation problématique d’Internet.

… sans oublier les adultes!

  • Dans les résidences familiales au Québec, le taux de branchement à Internet est passé de 56 à 98 % entre 2004 et 2017.
  • Au Canada, les adultes passent en moyenne 40,5 heures par semaine en ligne sur un ordinateur, une tablette ou un mobile.
  • Au Canada, un utilisateur moyen se sert de son téléphone intelligent pendant 1 heure 42 minutes par jour.

Chaque jour, on scrolle en moyenne l’équivalent de combien d’étages?

Le pouvoir d’attraction des écrans


Internet a tout pour nous plaire: il est facile à utiliser, accessible en tout temps et presque partout (gratuitement ou à faible coût) et, surtout, il offre un puits sans fond d’applications, de plateformes et de jeux qui peuvent vite monopoliser notre temps et notre attention. Bref, il est devenu difficile de ne pas perdre le contrôle devant ce buffet numérique à volonté!

Des techniques de marketing redoutables

Si nous passons beaucoup de temps sur Internet, c’est en partie parce que les concepteurs Web travaillent d’arrache-pied pour imaginer de nouvelles façons d’attirer notre attention. Une tâche facile puisque nous sommes curieux de nature et en quête constante de plaisir!

En fait, ils maîtrisent tellement bien leur art que c’est devenu difficile pour nous de résister au désir d’allumer nos écrans. Parmi les techniques utilisées pour nous appâter, mentionnons seulement les notifications, les « like », les fichiers qui s’autodétruisent et la lecture automatique de vidéos avec un compte à rebours.

Malheureusement, ce qui est bon pour capter notre attention ne l’est pas nécessairement pour notre bien-être.

Le FOMO

Plusieurs techniques de marketing Web sont basées sur le FOMO (fear of missing out), un terme désignant la peur de manquer une nouvelle ou un événement d’importance. Cette crainte, qu’on appelle aussi anxiété de ratage, est commune et découle de la perception que l’herbe est plus verte ailleurs, c’est-à-dire que les autres mènent une vie meilleure, s’amusent plus ou vivent de plus beaux moments que nous.

Les réseaux sociaux misent beaucoup sur le FOMO pour nous inciter à nous connecter plus souvent, que ce soit en nous montrant ce que nous avons raté depuis notre dernière visite, en nous communiquant les événements qui intéressent les autres ou en nous avertissant que nous « manquons à nos amis ».

Les personnes qui cèdent régulièrement à cette peur en viennent à passer beaucoup de temps en ligne, ce qui augmente leur risque de développer une utilisation problématique des écrans, en plus de les empêcher de vivre pleinement les moments hors ligne.

Des jeux vidéo accrocheurs

De Fortnite à Candy Crush, l’offre de jeux vidéo en ligne est sans fin. Pour la grande majorité des gens, ces jeux sont une source de divertissement. Or, ils présentent un haut risque de perte de contrôle et de dépendance, principalement pour les jeunes.

L’utilisation des jeux vidéo par les jeunes devrait être encadrée, surtout quand il est question des jeux multijoueurs massifs en ligne qui permettent de jouer en simultané avec ou contre des milliers, voire des millions de personnes à travers le monde (Fortnite, World of Warcraft, etc.). Ces jeux vidéo sont conçus pour:

  • être en direct et en continu (24/7);
  • être en évolution constante, même quand un joueur est hors ligne;
  • renforcer l’interdépendance des joueurs;
  • offrir des récompenses (habiletés, pouvoirs, armes, etc.) de façon imprévisible, mais proportionnelle au temps passé en ligne;
  • avoir ni fin prédéfinie ni game over.
Des références peuvent vous être fournies sur demande à info@pausetonecran.com.

 

Crédits photographiques: Lano photography, Thomas William, James Sutton
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