Quand s’inquiéter de l’utilisation des écrans de son ado?

Écrans et santé
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Quand s’inquiéter de l’utilisation des écrans de son ado?

Le terme «cyberdépendance» est actuellement utilisé, allègrement et souvent sans nuance, pour décrire une multitude de comportements en ligne, de la surutilisation passagère à la perte de contrôle persistante. Bien entendu, voir son jeune passer des heures les yeux rivés sur un écran peut être inquiétant, mais ce type de comportements n’indique pas nécessairement la présence d’une dépendance au sens clinique.

Selon Magali Dufour, psychologue et spécialiste en cyberdépendance, «Malgré les risques liés à l’hyperconnectivité, la majorité des jeunes font un usage d’Internet et des écrans qui n’entraîne pas de dépendance. En fait, les données les plus récentes obtenues auprès d’un échantillon d’environ 4 000 adolescents québécois indiquent qu’environ 1,32 % des jeunes du secondaire auraient un problème de dépendance à Internet, alors que plus de 17 % auraient des habitudes numériques considérées comme à risque. Or, il ne faut pas sauter aux pires conclusions si votre ado présente un comportement d’utilisation excessive à l’occasion: c’est plutôt l’association de plusieurs éléments et de répercussions négatives dans l’ensemble des sphères de sa vie qui devrait sonner l’alarme».

En tant que parent, on peut avoir de la difficulté à faire la différence entre un passe-temps, une compulsion et une utilisation problématique. Afin de bien évaluer la situation de votre jeune, essayez d’établir si son utilisation entraîne des conséquences négatives importantes sur ses habitudes de vie globales (par exemple: son activité physique, son alimentation, son sommeil, sa socialisation, etc.). Voici quelques énoncés qui peuvent vous aider à faire cette évaluation:

  • Votre jeune devient de plus en plus tolérant à la stimulation procurée par ses écrans. Il passe plus de temps en ligne qu’avant, regarde plus d’un écran à la fois, ne s’intéresse plus autant au contenu, etc. Il est capable de rester plusieurs heures devant l’écran sans bouger et sans manger!
  • Vous remarquez chez lui une perte d’intérêt pour les autres activités qui lui plaisaient avant comme les sports, les sorties avec ses amis, la musique, les activités en famille, etc. Le temps passé devant les écrans est la seule chose qui l’intéresse.
  • Votre jeune n’arrive pas à contrôler son utilisation des écrans, et cette perte de contrôle est inhabituelle. Même si vous avez essayé de limiter son utilisation à plusieurs reprises, il n’arrive plus à respecter les règles que vous aviez définies ensemble. C’est plus fort que lui.
  • Les écrans et les activités en ligne occupent ses pensées. Quand votre ado n’est pas devant un écran, il pense sans cesse au prochain moment où il pourra se reconnecter. Il semble «obsédé» par ses activités en ligne.
  • Son utilisation d’Internet interfère avec ses relations et sa socialisation. Votre ado apporte son cell ou sa tablette partout, ses yeux sont rivés sur son écran en tout temps, et il ne veut pas «lâcher» son écran pour faire d’autres activités. Même ses amis s’inquiètent de son utilisation des écrans.
  • Votre adolescent vous ment à propos de son utilisation des écrans. Vous le surprenez sur son cell passé l’heure du coucher, l’école vous dit qu’il l’utilise pendant les heures de cours malgré l’interdiction, il trouve des moyens pour déjouer votre encadrement, etc.
  • Son utilisation des écrans cause d’importants problèmes familiaux. Vous avez souvent des discussions avec votre ado au sujet du temps qu’il passe devant les écrans et sur l’utilisation qu’il en fait à des moments inappropriés. Internet est vraiment devenu un sujet de tension et de confrontation à la maison.
  • Vous remarquez que l’utilisation excessive des écrans de votre jeune entraîne chez lui des conséquences plus graves, comme une préoccupation persistante, une hausse d’anxiété, des comportements agressifs, un sommeil perturbé, un gain de poids important, etc..

Si vous reconnaissez votre adolescent dans plusieurs de ces énoncés, que ces situations durent dans le temps et que vous croyez que son utilisation des écrans nuit de façon importante à sa santé et à son bien-être, n’hésitez pas à en parler avec un professionnel afin d’obtenir une évaluation clinique et de l’aide pour l’accompagner.

PAR

Équipe PAUSE

en collaboration avec Magali Dufour, Ph.D. en psychologie, professeure agrégée du Département de psychologie à l’UQAM et présidente du comité d’experts de PAUSE.