Toujours plus connectés

Hyperconnectivité et écrans: ce qu’il faut savoir

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 Nous vivons dans un monde très connecté et qui le sera de plus en plus. La technologie qui nous entoure évolue rapidement et de nouveaux outils numériques apparaissent chaque jour. Bien qu’ils nous facilitent souvent la vie, Internet et les appareils connectés modifient notre rapport à l’autre et à notre environnement. Quant aux enfants, ils sont exposés aux écrans dès le début de leur vie et grandissent entourés de plusieurs appareils connectés.

Aujourd’hui, la technologie occupe une place très importante dans notre quotidien. Internet est devenu un outil essentiel pour travailler, s’informer et communiquer. Grâce aux progrès technologiques, les appareils sont de plus en plus performants et faciles d’accès. Résultat : nous possédons souvent plusieurs appareils connectés, comme un ordinateur, un cellulaire, une tablette, une télévision intelligente, une console de jeux ou même une montre intelligente. Tous ces appareils nous donnent accès à une multitude de fonctions qui nous permettent de presque tout faire en ligne : discuter avec nos amis et amies ou notre famille, suivre l’actualité, nous aider dans nos déplacements, payer des factures, écouter de la musique, apprendre, nous entraîner et bien plus encore.

Ce phénomène social, qui touche tout le monde ou presque et qui est là pour de bon, est appelé hyperconnectivité par les chercheurs de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal.

Qu’est-ce que l’hyperconnectivité?

«L’hyperconnectivité se présente comme un phénomène caractérisé par l’intégration des technologies de l’information et des communications (TIC) dans les fonctions quotidiennes des organisations et des groupes, ainsi que dans les habitudes de vie des individus [...]. [Les] TIC donnent lieu à l’émergence de multiples usages qui peuvent contribuer au développement et à la qualité de vie des individus ou être associés à des problèmes de santé.»

DRSP de Montréal (2019)1

Les avantages et les désavantages de l’hyperconnectivité

La grande accessibilité à Internet et aux écrans a transformé nos habitudes de vie, et elle contribue aussi à augmenter le temps que nous leur consacrons chaque jour en dehors du travail ou de l’école. Certaines personnes peuvent même en venir à développer une utilisation problématique d’Internet ou, voire une cyberdépendance.

Les spécialistes en santé publique, au Québec comme ailleurs dans le monde, s’inquiètent des effets de l’utilisation excessive des écrans et de l’hyperconnectivité. Ces habitudes peuvent avoir des répercussions négatives sur la santé mentale et physique, les relations avec les autres ainsi que le développement des enfants et des ados.

C’est pourquoi il est recommandé de fixer des limites de temps d’écran et d’encadrer leur utilisation chez les tout-petits et les toutes-petites, les enfants et les ados. L’objectif est de favoriser une utilisation équilibrée des écrans, en tenant compte de la qualité des contenus, des moments où les appareils sont utilisés et des différences entre chaque personne, comme l’âge, la personnalité et certaines vulnérabilités.

La clé pour profiter des avantages de la technologie tout en réduisant ses risques, pour nous et pour nos enfants, est de comprendre comment elle influe sur nos habitudes. Cela permet de mieux évaluer notre situation et de poser des actions concrètes pour trouver un meilleur équilibre.

Quelques chiffres sur la place que prend la technologie…

… chez les enfants et les ados

  • Selon l’INSPQ (2022)2, 17 % des enfants de 6 à 8 ans, 32 % des enfants de 9 à 11 ans, 74 % des ados de 12 à 14 ans et 94 % des ados de 15 à 17 ans possèdent un téléphone intelligent.
  • Il est recommandé de limiter l’utilisation des écrans à des fins de loisirs à un maximum de 2 heures par jour. Or, 72 % des ados dépassent ce seuil en semaine, et 94 %, la fin de semaine.
  • Toujours selon l’INSPQ (2022)2, la proportion de jeunes pour qui des effets négatifs surviennent sur le plan de la santé physique est plus importante chez ceux et celles possédant plus de deux appareils comparativement à ceux et celles n’ayant pas d’appareil personnel ou un seul.
  • Selon une étude montréalaise (2019)1, un temps d’écran de plus de 4 heures par jour pour des activités de loisir serait associé à un risque plus élevé de décrochage scolaire, à de moins bonnes ressources personnelles et sociales ainsi qu’à une moins bonne santé mentale et physique.

… chez les adultes

  • Au Québec (2021)3, 97 % des adultes possèdent au moins un des appareils suivants: ordinateur portable ou de table, montre intelligente, téléphone intelligent, tablette électronique, bracelet d’activité connecté.
  • Un temps d’écran de plus de 4 heures par jour pour des activités de loisir est associé à une faible fréquence d’activités physiques de loisir, à un niveau plus élevé de détresse psychologique, à une moins bonne santé physique, à des difficultés de sommeil ainsi qu’à un niveau d’insatisfaction plus élevé dans plusieurs sphères de la vie (relations, finances, etc.).
  • Cette utilisation intensive est plus fréquente chez les jeunes adultes et chez les personnes de 65 ans et plus. Environ 39 % des 18-24 ans et 30 % des 65 ans et plus disent avoir développé une utilisation intensive, alors qu’elle est moins fréquente chez les 35-44 ans (12 %).
  • Selon un récent sondage PAUSE (2022), 86 % des parents ont l’impression d’avoir une utilisation problématique d’Internet et des écrans, ne serait-ce qu’un peu. Près de 60 % disent les utiliser par automatisme.

L’hyperconnectivité n’est pas le fruit du hasard

La plupart des personnes qui créent des sites Web, des applications et des réseaux sociaux exploitent notre recherche naturelle de plaisir et notre curiosité pour nous inciter à passer plus de temps sur leurs plateformes et ainsi faire plus d’argent. Pour y arriver, des équipes d’experts et expertes combinent plusieurs stratégies afin de rendre leurs produits très attirants : notifications imprévisibles, recherche d’approbation sociale, sons accrocheurs, couleurs vives, etc.

Comme ces techniques sont très efficaces, il devient difficile de résister à l’envie d’aller sur Internet, que ce soit pour vérifier ses messages, naviguer sur le Web ou consulter les réseaux sociaux. Cette difficulté touche autant les jeunes que les adultes et ne s’explique donc pas seulement par un manque de volonté personnelle.

 

Testez vos connaissances

Selon vous, quel pourcentage d’ados a été identifié dans une étude comme étant à risque de développer une utilisation problématique d’Internet*?

Bravo

Bonne réponse !

La bonne réponse est 18 %!

*La statistique est tirée d’une étude menée en 2016 (4).

Votre rôle de parent dans tout ça?

Aider votre jeune à acquérir de saines habitudes numériques et l’encadrer au quotidien pour qu’il ou elle les maintienne… sans oublier de donner l’exemple! L’objectif est de tendre vers une utilisation consciente d’Internet et des écrans afin de profiter de leurs avantages et d’en limiter les répercussions négatives sur vous et votre famille.

Pour en savoir plus:

Chaque jour, en moyenne, on fait défiler (scroll) l’équivalent de combien d’étages?

Même si elle ne s’appuie pas sur des données scientifiques, cette vidéo produite par l’agence LG2 dans le cadre de la campagne PAUSE de 2018-2019 tente de nous faire réfléchir sur nos habitudes d’utilisation du cellulaire et sur le temps que nous pouvons passer dans une journée à faire défiler nos fils d’actualité sur les réseaux sociaux. Et si on descendait de quelques étages?

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