Viser l’équilibre

Les écrans comportent de nombreux avantages qui nous facilitent la vie et améliorent notre quotidien. Toutefois, quand ils sont surutilisés ou mal utilisés, ils peuvent avoir l’effet contraire en nuisant à notre bien-être et à notre vie quotidienne. C’est pourquoi il faut tendre en famille vers une utilisation la plus équilibrée possible… et ce n’est pas qu’une question de temps passé en ligne!

Évaluez vos habitudes

Pour évaluer les habitudes de votre jeune (et les vôtres!), il y a trois points importants à considérer… et plusieurs questions à se poser.

1. Le temps d’écran

Vérifier ses réseaux sociaux chaque jour, écouter Netflix en famille tous les soirs, en plus d’utiliser l’ordinateur pour le travail ou l’école… On ne compte plus le temps passé devant nos écrans!

Tentez d’évaluer le temps que les membres de votre famille et vous passez en ligne:

  • Combien de temps par jour? par semaine? lors des congés?
  • Faites-vous parfois du binge watching, en écoutant des téléséries en rafale par exemple?
  • Vous arrive-t-il d’utiliser plusieurs écrans en simultané, comme de texter tout en écoutant la télé?
  • Passez-vous du temps en ligne au détriment de certaines sphères de votre vie comme vos relations, vos études, votre travail?

L’objectif n’est pas d’éliminer les écrans de votre vie, mais de prendre tout d’abord conscience de l’utilisation que vous en faites, puis, au besoin, de réduire votre temps d’écran en prenant des pauses régulièrement… bref, de vous déconnecter pour mieux vous reconnecter plus tard.

2. La qualité des contenus

Les activités en ligne ne sont pas toutes égales en termes de qualité. Certaines sont plus bénéfiques que d’autres. En général, est-ce que les contenus privilégiés par les membres de votre famille sont:

  • de haute qualité, c’est-à-dire des contenus éducatifs, rassembleurs ou interactifs (p. ex.: les tutoriels vidéo, les films écoutés en famille, les groupes Facebook d’études, les applications dédiées à la création de contenu original)?
  • de qualité moyenne, c’est-à-dire des contenus qui nous isolent ou que nous consommons de façon passive (p. ex.: les jeux vidéo qui se jouent seul, les vidéos écoutées en streaming, le fil d’actualité d’Instagram)?
  • du type « calories vides numériques » (p. ex.: faire défiler sans cesse le fil d’actualité sur Facebook, regarder l’épisode de trop sur Netflix, multiplier le visionnement de vidéos de chats sur YouTube)?

L’objectif est de privilégier des contenus qui vous apportent quelque chose de positif ainsi que des avantages… bref, d’augmenter votre bien-être numérique.

3. Les moments d’utilisation

Il y a des moments pour regarder les écrans et d’autres moments où ceux-ci deviennent des barrières qui nous coupent de notre environnement extérieur et des gens autour.

En général, est-ce que les moments où les membres de votre famille utilisent les écrans sont:

  • appropriés (p. ex.: pour le travail, pour les études, pour répondre à un appel)?
  • inappropriés (p. ex.: lors d’un repas en famille, au milieu d’une conversation, pendant les études ou le travail, lors d’une réunion où il faut être attentif)?

L’objectif est de diminuer votre utilisation des écrans lors des moments inappropriés… bref, de profiter pleinement de vos moments déconnectés.

L’impact des écrans dans nos vies


Les avantages des téléphones intelligents, des tablettes et des ordinateurs sont nombreux, mais leur utilisation comprend également des risques. Voici un survol du pour et du contre.

Attention au terme « cyberdépendance »! Un ado peut passer beaucoup de temps à consulter les réseaux sociaux ou à jouer à des jeux vidéo sans nécessairement être cyberdépendant. Pour en savoir plus, lisez le billet « Quand faut-il s’inquiéter? ».

Pour le corps

Les +

Il existe une multitude de sites Web, de jeux vidéo et d’applis qui nous incitent à bouger, à faire de l’activité physique et à nous occuper de notre santé.

Les –

La surutilisation des écrans augmente le risque de sédentarité, de surpoids et la fatigue, peut causer de l’insomnie, des douleurs au cou, des maux de tête, des troubles de la vue et plus encore.

Pour la tête

Les +

Plusieurs sites Web et applis favorisent le maintien d’une bonne santé mentale, notamment en nous aidant à gérer notre temps, à développer notre créativité, à méditer, à nous débarrasser d’une mauvaise habitude ou encore en offrant des services de thérapie en ligne.

Les –

Les connaissances à ce sujet sont encore limitées, mais certaines études révèlent que la surutilisation des écrans est associée à une diminution de la concentration, de la mémoire et de l’estime de soi, à l’augmentation du stress, de l’anxiété et de la déprime ainsi qu’au développement d’une dépendance.

Pour la vie sociale

Les +

Les réseaux sociaux, les forums, les blogues, le contenu éducatif en ligne… Tout cela permet notamment le développement de l’identité et des compétences sociales, l’accès à l’éducation et l’exposition à différentes cultures.

Les –

Laisser la vie en ligne prendre plus d’importance que la vie hors ligne peut entre autres mener à l’isolement, à la diminution des compétences sociales, à la détérioration des relations interpersonnelles et aux difficultés scolaires ou professionnelles.

Qui est plus à risque?


Certaines personnes sont plus à risque de développer une utilisation problématique d’Internet et des écrans, dont les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

Les enfants

Les enfants sont plus influençables que les adultes et ils sont particulièrement vulnérables aux techniques de marketing Web ainsi qu’aux divers méfaits de l’hyperconnectivité. Leur cerveau étant en plein développement, ils peuvent manquer d’autocontrôle, de jugement et de maturité par rapport à l’utilisation des écrans.

Bien que les connaissances à ce sujet soient encore limitées, certaines études démontrent des associations entre la surutilisation des écrans chez les enfants et des impacts négatifs sur le développement affectif, cognitif et moteur, sur le contrôle des émotions et sur la santé psychologique et sociale.

Les ados et les jeunes adultes

Les jeunes de ce groupe d’âge vivent plusieurs transitions importantes (p. ex.: la fin de la scolarité, le départ du foyer familial, l’intégration sur le marché du travail, les premières relations amoureuses, etc.). De plus, ils ont souvent beaucoup de temps libres. Puisque leur cerveau est en développement jusqu’à l’âge de 25 ans, il peut être plus difficile pour eux de trouver un équilibre entre la vie en ligne et la vie hors ligne.

Bien que les connaissances à ce sujet soient encore limitées, certaines études démontrent que l’utilisation excessive des écrans peut nuire aux apprentissages, à la mémoire ainsi qu’au développement du cerveau. Dans les cas extrêmes, les fonctions du cerveau liées à l’attention, au contrôle des impulsions, au jugement, à la résolution de problèmes et à la prise de décisions pourraient même être affectées. La surutilisation des écrans et d’Internet augmente également les risques de déclencher le cycle de la dépendance.

À propos des recommandations

Les dernières recommandations concernant l’utilisation des écrans visent désormais l’ensemble des habitudes, plutôt que le temps d’écran uniquement. La Société canadienne de pédiatrie, par exemple, a émis ces recommandations:

  • Il n’est pas recommandé de laisser les enfants de moins de deux ans passer du temps devant des écrans.
  • Chez les enfants de deux à cinq ans, limiter le temps d’écran quotidien ou régulier à moins d’une heure par jour.
  • S’assurer que les périodes de sédentarité devant des écrans ne font pas partie des activités courantes du milieu de garde des enfants de moins de cinq ans.
  • Maintenir des périodes sans écran, particulièrement lors des repas familiaux et pour faire la lecture.
  • Éviter les écrans au moins une heure avant le coucher, en raison de leurs effets potentiels sur la suppression de la mélatonine.
  • Procéder à une autoévaluation des habitudes vis-à-vis des écrans et se doter d’un plan familial qui prévoit les moments, la manière et les lieux où ceux-ci peuvent être utilisés ou non.

En tant que parent, l’important est d’être conscient que l’utilisation des écrans comporte des risques et de viser l’équilibre (plutôt qu’un nombre d’heures), et ce, en limitant le temps d’utilisation, mais aussi en donnant priorité aux contenus de qualité, à des moments appropriés. Mieux gérer les écrans, c’est faire votre possible pour qu’Internet contribue au développement de votre enfant et pour réduire les risques que les écrans nuisent à son bien-être global.

Crédit photographique: Jessica Lewis

 

Société canadienne de pédiatrie, Groupe de travail sur la santé numérique. Le temps d’écran et les jeunes enfants : promouvoir la santé et le développement dans un monde numérique. Paediatr Child Health 2017;22(8):469-77: https://www.cps.ca/fr/documents/position/le-temps-d-ecran-et-les-jeunes-enfants. Reproduction autorisée.